Ces jobs à la con qui nous détruisent

“Ce n’est probablement pas un hasard si, aujourd’hui, la plupart ne s’imaginent plus en pilote d’élite, princesse ou star pour midinettes, mais rêvent simplement d’avoir un meilleur job — juste bêtement meilleur.”

Pour cette édition, j’avais envie de te parler du superbe livre Bullshit Jobs de David Graeber. Je te conseille du coup de lire cette nouvelle à tête reposée et au calme, car ce livre peut remettre beaucoup de choses en question et m’a amené personnellement à remettre profondément en question mes choix de carrière ! Si tu te sens prêt, c’est parti :

  • 🧳 Notre civilisation est devenue une civilisation fondée sur le travail comme fin en soi. On ne travaille plus forcément pour produire quelque chose, mais dans beaucoup de cas on travaille pour travailler, pour occuper le temps. Ce type de poste est un bullshit job.

  • 🤖Le coupable n’est pas le capitalisme mais bien une vision “managérialiste” qui s’est peu à peu répandue. Un manager n’est plus évalué sur le travail qu’il fournit mais la taille de son équipe. Alors peu à peu les entreprises se sont sclérosées, mutlipliant les postes inutiles à seul but d’agrandir les équipes et le sentiment d’importance de managers de plus en plus nombreux.

  • 🕹 De même ce n’est pas non plus le consumérisme. En effet, par un effet pervers nous avons au contraire tendance à nous forcer à travailler plus de 40 heures semaines, à faire semblant de faire quelque chose d’utile pour se “pardonner” nos écarts consumériste. Au final on ne travaille pas pour s’acheter une console de jeux-vidéos mais bien pour se pardonner de l’avoir fait.

  • 🏦 Le phénomène de Bullshit Jobs touche aussi bien le public que le privé. Il suffit de regarder par exemple les budgets alloués par certaines entreprises à leurs journaux internes qui n’ont d’autres buts que de flatter le management.

  • 🤯 Ces bullshit jobs nous rendent malades. Un être humain a besoin de sens dans sa vie, privé de sens il agonise. Faire semblant d’être occupé, faire croire que son travail est utile quand il ne l’est pas du tout et que personne n’est dupe détruit peu à peu. Ces bullshit jobs nous rendent malades, il suffit de regarder le nombre de burn outs autour de nous.

  • 🕘 Si on le voulait vraiment, nous pourrions tous avoir des semaines de vingt heures, voir même de quinze et consacrer plus de temps aux loisirs, à aider autrui, … Malheureusement nous nous enfermons dans des tâches non nécessaires en nous persuadant de leur importance. C’est tâches n’ont au final aucun impact significatif sur le monde. Tous les boulots ne sont pas des bullshit jobs, mais tous contiennent une part de plus en plus importante de bullshit tasks.

  • ✅ Il faut cesser absolument d’évaluer le travail sur une échelle de temps mais bien sur ce qui est produit. Calculer le travail sur base du temps perdu ne mène qu’à s’arranger pour étendre ses tâches le plus possible pour occuper l’espace donné.

  • 🙌 Il nous appartient à tous de remettre en question ces bullshit jobs.D’oser refuser les tâches absurdes, de remettre en question les horaires, d’arrêter le présentéisme à outrance, de refuser cette 12ème réunion qui ne mènera à rien si ce n’est occuper plusieurs personnes pendant 2 heures.

Ce livre m’a ouvert les yeux sur pas mal de choses qui m’avaient dérangé profondément dans ma vie professionnelle. Que ce soit certaines tâches dont je ne comprenais pas le sens à part générer de la paperasse inutile (que j’ai du coup purement et simplement arrêté de faire, me centrant sur ce qui était essentiel) ou certains secteurs dans lesquels j’avais travaillé qui au final n’apportait rien au monde (voir pire) et dans lesquels j’ai décidé de ne plus remettre les pieds.

Cela m’a aussi enfin convaincu d’arrêter le présentéisme. J’avance dans les tâches que je me suis fixé, mais une fois mon travail accompli, je ne reste plus au bureau par crainte de “me faire mal voir”.

Je pense que ce phénomène nous détruit tous peu à peu à un niveau que l’on ne comprends pas encore assez bien et qu’il devient vital pour chacun d’entre nous d’oser remettre ce système en question. Que ce soit à notre échelle individuelle en osant questionner frontalement nos vies professionnellesqu’au niveau politique en soutenant des initiatives comme la création d’un revenu de base universel. Nous ne sommes pas paresseux, nous n’aimons juste pas travailler sans but et dans le vide.

Au final, nous cherchons tous un sens. Il serait juste temps de refuser de perdre cela de vue pendant cinq jours de nos semaines 😉

On se revoit tout vite, d’ici là n’hésite pas à me faire part de tes idées et suggestions 🙏🏻 💌

“Ce n’est probablement pas un hasard si, aujourd’hui, la plupart ne s’imaginent plus en pilote d’élite, princesse ou star pour midinettes, mais rêvent simplement d’avoir un meilleur job — juste bêtement meilleur.”

— David Graeber

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